Le vendredi 16 octobre 2026, la CPTS Nantes Grand Ouest a organisé un atelier dédié à la nutrition et à l’activité physique, à destination des professionnels de santé du territoire. Animé par Sara Perraud, diététicienne en santé publique au sein de l’association Du Pain sur la Planche, ce temps d’échange et de formation a permis d’actualiser les connaissances des participants, de réfléchir à leur posture professionnelle et de découvrir les ressources locales pour mieux accompagner leurs patients et leurs publics.
Mieux comprendre les liens entre alimentation, santé et environnement
Pour débuter cet atelier, les participants ont découvert les missions de l’association Du Pain sur la Planche et une approche globale de la santé, qui prend en compte la santé humaine, la santé animale et celle de l’environnement. Ces trois dimensions sont étroitement liées et nous invitent à réfléchir à une approche commune : « Une seule santé ».
Après un premier temps de présentation, chacun a pu faire connaissance, partager ses attentes et exprimer ses connaissances sur la nutrition.
Les échanges ont ensuite permis de revenir sur la définition de la santé proposée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui la décrit comme « un état de complet bien-être physique, mental et social », et non comme la seule absence de maladie ou d’infirmité.
Cette définition rappelle que l’alimentation ne répond pas uniquement à un besoin physiologique. Elle remplit également une fonction sociale et participe au bien-être mental. Manger, c’est ainsi :
- Se nourrir, en apportant à son corps l’énergie et les nutriments dont il a besoin ;
- Se réunir, en partageant des moments qui favorisent les liens sociaux ;
- Se réjouir, en prenant du plaisir à manger et en contribuant à sa santé mentale/
Les participants ont également identifié les nombreux facteurs qui influencent les habitudes alimentaires : les conditions de vie, l’environnement, les habitudes culturelles, les préférences individuelles ou encore l’accès aux aliments.
Actualiser ses connaissances sur les recommandations nutritionnelles
L’atelier s’est poursuivi par un point sur le Programme National Nutrition Santé (PNNS), ses recommandations et les évolutions entre les différentes versions du programme.
Les participants ont notamment abordé la place croissante des enjeux environnementaux, la réduction de la consommation de boissons sucrées, la limitation des aliments ultra-transformés et la valorisation de l’activité physique.
Les recommandations nutritionnelles ont ensuite été détaillées selon les âges et les grandes familles d’aliments, afin de mieux comprendre les repères à transmettre aux différents publics.
Quelques chiffres permettent de mesurer les enjeux de santé publique liés à l’alimentation en France :
- 89,7 % des 18-54 ans n’atteignent pas la recommandation de 25 g de fibres par jour ;
- 90 % des adultes dépassent la limite recommandée de 5 g de sel par jour ;
- 63 % des adultes dépassent la recommandation de limiter la charcuterie à 150 g par semaine.
L’alimentation constitue en effet un facteur de risque ou de protection vis-à-vis de nombreuses maladies. Selon les données présentées lors de l’atelier, 28 % des adultes français âgés de 18 à 54 ans sont en surpoids et 15 % sont en situation d’obésité.
Ces constats soulignent l’importance de disposer de repères fiables et adaptés pour accompagner les publics sans culpabilisation, en tenant compte de leurs réalités et de leurs possibilités.
Bouger davantage et lutter contre la sédentarité
Après le volet alimentation, les participants se sont intéressés à l’activité physique et à ses effets sur la santé.
Celle-ci se définit comme tout mouvement corporel produit par les muscles squelettiques entraînant une dépense énergétique supérieure à celle du repos. Elle peut prendre différentes formes et présenter plusieurs niveaux d’intensité.
Au-delà de ses bénéfices sur la santé physique, l’activité physique contribue également au bien-être mental et social.
Les échanges ont aussi permis de faire la distinction entre activité physique et sédentarité. En effet, être actif ne signifie pas nécessairement être à l’abri des effets de la sédentarité. Une personne peut pratiquer une activité sportive le week-end tout en passant de longues heures assise au travail durant la semaine.
Aujourd’hui, plus d’un tiers des adultes passent plus de huit heures par jour dans des comportements sédentaires.
Pour les adultes, les repères abordés lors de l’atelier rappellent l’intérêt de pratiquer l’équivalent d’au moins 30 minutes d’activité physique dynamique par jour, au moins cinq jours par semaine, et de réaliser au moins deux fois par semaine des activités de renforcement musculaire ou d’assouplissement.
L’enjeu est donc double : encourager la pratique régulière d’une activité physique et réduire le temps passé assis, en intégrant davantage de mouvement dans le quotidien.
Des mises en situation pour passer de la théorie à la pratique
Afin de faire le lien entre les connaissances acquises et les réalités du terrain, les participants ont ensuite travaillé sur plusieurs situations concrètes auxquelles ils pourraient être confrontés dans leur pratique professionnelle.
Ces mises en situation leur ont permis de réfléchir aux réponses à apporter, aux messages à transmettre et aux difficultés qu’ils peuvent rencontrer lorsqu’ils abordent les questions d’alimentation ou d’activité physique avec leurs patients et leurs publics.
Ce travail a notamment ouvert la discussion sur la posture éducative à adopter. Comment aborder ces sujets sans jugement ? Comment favoriser le dialogue et accompagner le changement sans imposer de modèle unique ? Comment tenir compte des habitudes, des contraintes et des besoins de chacun ?
Autant de questions essentielles pour inscrire la prévention dans une relation de confiance et encourager des changements durables.
Pour clôturer l’atelier, Sara Perraud a partagé de nombreuses ressources utiles aux professionnels, ainsi que des pistes pour identifier les acteurs et les réseaux existants sur le territoire. Un temps précieux pour favoriser l’interconnaissance et faciliter les collaborations entre professionnels.
Une approche positive et adaptée à chacun
Cet atelier a permis de rappeler que la nutrition et l’activité physique sont des sujets transversaux, qui concernent de nombreux professionnels de santé et nécessitent une approche globale, bienveillante et adaptée à chaque situation.
Il n’existe pas de bons ou de mauvais aliments à opposer systématiquement : aucun aliment n’est interdit en soi, mais certains sont à privilégier et d’autres à consommer moins fréquemment ou en quantités limitées. L’équilibre alimentaire s’inscrit dans la durée, en tenant compte des besoins, du plaisir, des habitudes et du contexte de vie de chacun.
En proposant ce temps de formation et d’échange à l’initiative du groupe de travail « Activité physique et alimentation », la CPTS Nantes Grand Ouest poursuit son engagement en faveur de la prévention, du partage de connaissances et du renforcement des liens entre les professionnels du territoire.
Un grand merci à Sara Perraud et à l’association Du Pain sur la Planche pour leur intervention, ainsi qu’à l’ensemble des participants pour leur implication et la richesse des échanges !
Pour découvrir l’association Du Pain Sur La Planche et ses nombreuses actions, cliquez ici.




